Commune de Murles


De nombreux vestiges, principalement des tombes (dolmens, tumulus et menhirs) datant du néolithique et du chalcolithique (environ 2500 à 2000 avant J.C.) témoignent d'une très ancienne présence humaine dans la garrigue murloise: la Pierre du Banel, la Caisse des Morts.

D'autres, plus récents, laissent imaginer l'utilisation et l'importance historique des ressources forestières (fours de potier et fours de verriers du moyen âge, cabanes de « bouscatiers » et restes de charbonnière...)

(photo tumulus)

Deux seigneuries ont marqué l'histoire locale: la seigneurie de Murles et celle de Caravettes.

La seigneurie de Murles et le Château:



En 1121, Bernard IV, comte de Melgueil (Maugio) et de Substantion (Castelnau le Lez) donne à sa future femme Guillemette « le château de Murles avec tout son territoire et tout ce que j’ai dans la paroisse de St Jean de Murles »

Cette seigneurie modeste va générer de nombreux hommes remarquables (Pierre de Murles, Consul de Montpellier en 1243, Jean de Montlaur, présent aux Etats Généraux du Languedoc en 1435 et 1440, François de Montlaur, gouverneur et sénéchal de Montpellier en 1614, Charles Joseph Marie Montlaur, Comte de Murles, Maréchal des Camps et armées du Roy, Chevalier des Ordres royaux et militaire de St Louis et de la Légion d’honneur en 1819...) L’Hotel Cambacéres-Murles, place de la Canourgue à Montpellier, a été construit par l’architecte Jean Giral pour Dominique Cambacéres, devenu Montlaur de Murles par mariage au début du 18ème siècle.

Construit sans doute au début du 11ème siècle, le château était déjà inhabité à la fin du 17ème siècle, les Montlaur de Murles s’étant établis à Montpellier. Nationalisé à la Révolution avec les autres biens de la famille de Murles (maison St Ruf à Montpellier, domaines de Montlobre à Vailhauquès et de Restinclières à Prades le Lez), le Château fut finalement récupéré en 1819 par le Comte de Murles, après quelques démêlées, puis vendu à Pierre Gounel, fermier des Montlaur, en 1824. Il est resté, jusqu’à nos jours, propriété de cette famille.

Déjà fortement dégradé au moment de la vente, il va être à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème l’objet de prélèvement systématique de matériaux afin de construire divers bâtiments agricole (bergerie, caves…) Il ne reste aujourd’hui que des ruines…

La seigneurie de Caravettes, le Château et le Bois de Valène:

(photo Château Caravettes)

La baronnie de Caravettes était un fief noble dépendant des Comtes de Melgueil et de Substantion. En 1215, Raimond de Caravettes disposait d’un domaine s’étalant sur Murles, Viols le Fort et Argelliers et du Château érigé au nord ouest du village, sur la route de Viols. A proximité, se trouve le bois de Valène, important gisement forestier et réserve de gibiers, qui intéressait fortement la ville de Montpellier.

Après la croisade des Albigeois, le pape Innocent III reprend en 1215 le Comté de Melgueil et l’inféode à l’évêque de Maguelonne, Guillaume d’Autignac. Ce dernier se retrouve avec d’énormes besoins d’argent pour assumer cette inféodation . La ville de Montpellier lui procure 25 000 sols melgoriens en échange, en autres, du bois de Valène. Le 13 mars 1216, en présence de l’évêque et de Raimond de Caravettes, quatre des consuls de Montpellier prirent au nom de la ville possession du bois.

De son coté, la famille de Caravettes délaisse peu à peu le domaine et en 1273, Bernard de Caravettes, petit fils de Raimond, vends sa seigneurie aux consuls de Montpellier. Pendant plus de cinq siècle, la baronnie de Caravettes et le bois de Valène resteront des éléments importants du domaine municipal de Montpellier (avant d’être finalement vendus en 1792 à la famille de Barbeyrac qui s’en sépare en 1876 au profit de Pierre Fargues. Caravettes est depuis resté dans le patrimoine de la famille Fargues)

La tradition des barons de Caravettes

Avec la cession de la seigneurie à la commune de Montpellier, le dernier vrai baron disparaît. Les consuls de Montpellier se font alors reconnaître par Philippe IV le Bel « le droit de porter les armes quand ils vont à Caravettes, pendant qu'ils y séjournent et quand ils reviennent à Montpellier» La baronnie étant devenue communale, tous le montpelliérains de l'époque pouvaient se considérer comme des barons. Encore fallait-il réserver ce titre aux « vrais» montpelliérains, ceux qui pouvaient justifier d'ancêtres directs nés à Montpellier. La tradition était née.

Actuellement, l’association « La Baronnie de Caravetes» (avec un seul « t », orthographe ancienne) perpétue cette tradition et donne l’occasion, au cours de cérémonies d’intronisation à Montpellier et à Murles, de rappeler les liens historiques entre les deux communes.

L’Eglise



Datant de l’époque romane, l’église de Murles est déjà citée en 1109 dans le cartulaire de Maguelone sous le nom de St Jean de Murles. Ce n’est qu’au 18ème siècle qu’elle a pris le nom de Ste Croix.

Elle a la particularité de se situer à plus d’un kilomètre en dehors du village. Cette situation trouve une justification dans la légende populaire:

« Un bouvier vint un soir, comme tous les autres soirs, faire boire ses bœufs au petit cours d’eau qui coule à proximité de l’église actuelle. Une fois ses bêtes abreuvées, il remontait avec elles vers le village, quand il s’avisa soudain qu’une d’entre elles manquait à l’appel. Se demandant pourquoi elle n’avait pas quitté l’abreuvoir avec les autres, il revint sur ses pas et vit alors un étonnant spectacle: le bœuf était agenouillé sur la berge et avait les yeux fixés sur une croix de lumière qui venait d’apparaître au-dessus de l’eau »

Un prieuré du XVIIème siècle jouxte l’Eglise. Il a été réhabilité en 1980 par un particulier.

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